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Meriam Hidani | Responsable de projets d’affaires chez Groupe E

  • Photo du rédacteur: Estelle Borgeat
    Estelle Borgeat
  • il y a 22 heures
  • 5 min de lecture

Meriam évolue aujourd’hui comme responsable de projets dans le domaine du chauffage à distance en Suisse.


Un poste où elle coordonne différents métiers techniques, pilote des projets d’infrastructure et accompagne des équipes pluridisciplinaires.


Mais son parcours ne suit aucune ligne droite.


Il s’est construit à travers les voyages, les remises en question, les défis et une immense envie de prouver qu’une femme peut choisir sa propre voie.


Grandir au Maroc avec l’envie de prouver sa valeur


Meriam est née au Maroc dans une famille composée de quatre filles et d’un garçon.

Très tôt, elle ressent le poids des attentes liées à la culture et à la place accordée aux garçons.


Enfant déjà, elle développe une envie profonde de montrer que les filles peuvent réussir autant que les garçons.


Cette volonté devient un moteur.


À l’école, elle se passionne rapidement pour les mathématiques et les matières scientifiques.


Elle aime résoudre des problèmes, comprendre ce qui semble compliqué pour les autres et repousser ses propres limites.


Ses enseignant·e·s remarquent rapidement ses facilités et l’inscrivent aux Olympiades de mathématiques.


Pendant plusieurs années, elle enchaîne les excellents résultats et devient régulièrement la première de sa classe.


Entre sciences, littérature et journalisme


Même si les mathématiques occupent une place importante dans sa vie, Meriam est aussi très curieuse et passionnée par d’autres domaines.


Elle aime lire, s’intéresse à la littérature, à la nature et au monde qui l’entoure.


Après son baccalauréat scientifique spécialisé en mathématiques, elle passe plusieurs concours prestigieux.


Elle réussit notamment un concours de journalisme avec un excellent classement.

Une expérience qui la fait profondément réfléchir.


Pour la première fois, quelqu’un lui fait comprendre qu’elle pourrait peut-être faire autre chose que simplement chercher à prouver qu’elle est compétente. 


Cette réflexion marque un tournant important dans son parcours.


Trouver un équilibre entre technique et passion


Meriam décide alors de rejoindre l’Institut agronomique et vétérinaire au Maroc afin de devenir ingénieure en sciences de la vie.


Une manière de réunir ses compétences scientifiques avec son intérêt pour la nature et l’environnement.


Elle obtient un bachelor en ressources naturelles et environnement.


Mais au-delà des études, elle ressent aussi un besoin de liberté.


Elle souhaite découvrir autre chose que le cadre très traditionnel dans lequel elle a grandi.


Partir en France pour découvrir une nouvelle vie

Une opportunité se présente alors grâce à un partenariat avec une école du bois située à Nantes.

Même si elle ne connaît presque rien au bois à ce moment-là, Meriam voit surtout cette école comme une porte vers l’Europe et une nouvelle manière de vivre.

Elle réussit le concours et part en France.

Là-bas, elle découvre un univers très technique mêlant production, machines et travail concret.

Elle apprend à fabriquer des meubles, à travailler sur des machines industrielles et à collaborer avec des étudiant·e·s issu·e·s de parcours très différents.

Cette complémentarité entre théorie et pratique lui plaît énormément.

Elle obtient finalement un diplôme d’ingénieure spécialisée en technologie du bois et production.

Comprendre ce qu’elle veut vraiment


Après ses études, Meriam décroche un premier poste dans une entreprise spécialisée dans le contreplaqué.


Elle y travaille comme responsable qualité dans la production.


Même si cette expérience lui permet de découvrir l’industrie de terrain, elle réalise progressivement que ce métier ne correspond pas totalement à ses aspirations profondes.


Un collègue proche de la retraite lui fait prendre conscience qu’elle cherche encore à prouver qu’elle est capable plutôt qu’à faire ce qui la passionne réellement.


Cette discussion agit comme un déclic.


Repartir étudier à Paris


Meriam décide alors de reprendre des études.


Elle rejoint la Sorbonne pour suivre un master en commerce international.


Une expérience qu’elle adore.


Elle découvre un environnement multiculturel où se mélangent des profils issus du droit, de la finance, de l’économie et du commerce.


Ces échanges nourrissent énormément sa vision du monde.


Elle comprend alors que l’ingénierie n’est pas une finalité en soi, mais un outil lui permettant d’évoluer dans des métiers plus humains, internationaux et stratégiques.


Développer des marchés entre la Suisse et le Maroc


À la fin de son master, Meriam décroche un stage dans une entreprise suisse active dans le négoce du bois.


Grâce à son parcours unique, sa maîtrise de l’arabe et sa double compétence technique et commerciale, elle se voit confier le développement du marché du Moyen-Orient et du Maghreb.


Un poste qui lui correspond parfaitement.


Elle voyage énormément, échange avec des client·e·s et fournisseurs internationaux et développe notamment le marché marocain.


C’est également à cette période qu’elle rencontre son mari. 


Repenser ses priorités avec la maternité


Lorsque sa fille naît, les priorités de Meriam changent profondément.


Elle choisit alors de ralentir sa carrière afin de consacrer davantage de temps à sa famille.

Pendant plusieurs années, elle accompagne ses enfants, apprend l’allemand après un déménagement dans le canton de Berne et développe quelques activités en freelance à côté.


Mais vers la quarantaine, un questionnement important émerge.


Elle réalise qu’elle a mis sa carrière entre parenthèses pendant longtemps et qu’elle a envie de retrouver une place professionnelle qui lui ressemble.


Recommencer presque à zéro à 40 ans


À 40 ans, Meriam décide de retourner sur le marché du travail.


Mais après plusieurs années d’arrêt, les choses ne sont pas simples.


Elle accepte alors un poste administratif temporaire chez Groupe E, simplement pour remettre un pied dans le monde professionnel.


Lors de son entretien, elle explique très honnêtement qu’elle sait avoir bien plus de compétences que ce poste ne le demande.


Mais qu’elle veut simplement une opportunité pour montrer ce qu’elle est capable de faire.

Très rapidement, son potentiel est remarqué.


Elle évolue vers un poste d’acheteuse stratégique, puis se forme à la gestion de projets grâce à un CAS. 


Aujourd’hui, elle est responsable de projets dans le domaine du chauffage à distance et pilote des équipes composées d’ingénieur·e·s, acheteur·euse·s et différent·e·s spécialistes techniques.


Pourquoi devenir ambassadrice LYVAtech ?


Meriam voit beaucoup de jeunes filles manquer de confiance en elles.

Y compris sa propre fille.


Pour elle, il est essentiel de montrer qu’il ne faut pas attendre d’avoir toutes les réponses, tout l’argent ou toutes les compétences avant d’oser avancer.


Elle est convaincue qu’il faut d’abord avoir l’envie.


Le reste vient ensuite.


Tout au long de sa vie, elle a rencontré des personnes qui l’ont aidée simplement parce qu’elles ont vu sa motivation et son énergie.


Aujourd’hui, elle souhaite transmettre cette confiance à la nouvelle génération.


Son message aux jeunes filles


Ne jamais laisser les autres définir ses limites.


Pour Meriam, beaucoup d’obstacles sont d’abord des croyances que l’on finit par accepter sur soi-même.


Mais lorsqu’on ose essayer, apprendre et avancer malgré les peurs, de nouvelles portes finissent toujours par s’ouvrir.


Selon elle, l’essentiel est de se faire confiance.


Même lorsque le chemin semble impossible au départ.



 
 
 

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