Laura Junod — ingénieure en géomatique chez Geologix
- Estelle Borgeat
- il y a 6 jours
- 2 min de lecture
Laura travaille aujourd’hui dans le développement de logiciels SIG destinés à l’entretien des routes. Depuis le Valais, elle collabore avec une entreprise basée à Berne et accompagne principalement des client·e·s romand·e·s. Son métier : structurer et interpréter des données cartographiques pour faciliter la gestion des infrastructures : canalisations, barrières de sécurité, revêtements ou réseaux techniques. En résumé, rendre visible et compréhensible tout ce qui se cache sous nos pieds.
Mais son parcours n’a rien d’une vocation précoce.
Trouver sa voie en expérimentant
À l’école, Laura se débrouille bien en maths et en sciences, sans pourtant savoir vers quoi se diriger. Après le gymnase, elle entame une année préparatoire scientifique un peu par défaut. C’est finalement l’année préparatoire destinée aux femmes (un projet proposé et porté à l’époque par Sylvie Villa) dans les métiers techniques qui agit comme déclic. Pour la première fois, elle découvre concrètement des professions. La géomatique s’impose naturellement.
Elle poursuit alors ses études à la HEIG-VD à Yverdon, réalise un travail de diplôme sur la mobilité douce, puis est engagée directement dans un bureau d’études à Lausanne.
Huit ans plus tard, l’épuisement s’installe : pression élevée, manque de reconnaissance, décalage avec ses valeurs. Elle quitte son poste sans plan précis.
Après une expérience dans une petite start-up et plusieurs remises en question, une opportunité se présente à Berne. Le contact humain la convainc plus que la fonction elle-même. Elle accepte et y travaille encore aujourd’hui.
Être une femme dans un milieu technique
Son expérience oscille entre avantages et obstacles.
Dans certains contextes, être une femme attire la curiosité ou crée des opportunités. Dans d’autres, des biais plus subtils apparaissent : salaires légèrement inférieurs, responsabilités moins proposées, ou remarques qu’un collègue masculin n’entendrait jamais.
Avec le temps, elle comprend que ces mécanismes dépassent les individus : ils relèvent d’habitudes sociales profondément intégrées.
Ce qui la motive aujourd’hui
Ce qu’elle préfère dans son métier : résoudre des problèmes utiles.
Aider un·e client·e à gagner des heures de travail, simplifier un processus, trouver une solution concrète, voilà sa principale satisfaction.
Elle aime comprendre, structurer, rendre les choses plus simples. Faciliter la vie des autres est devenu le fil conducteur de son parcours.
Pourquoi s’engager pour LYVAtech
Être visible compte.
Selon elle, beaucoup de jeunes filles n’osent pas choisir une voie technique simplement parce qu’elles ne s’y projettent pas. Voir des femmes exercer ces métiers change la perception : on comprend que c’est possible, qu’on a le droit d’essayer et aussi d’échouer.
Elle insiste : les garçons ont toujours eu ce droit, il est temps que les filles aussi.
Mais l’égalité ne concerne pas qu’un seul sens : une société équilibrée nécessite aussi plus d’hommes dans les métiers du soin, par exemple. Dégenrer les professions profite à tout le monde.
Son message aux jeunes
Choisir ce qui intéresse réellement.
Le marché du travail évolue, les métiers changent. La seule base solide reste la motivation personnelle. Se diriger vers quelque chose que l’on aime donne un avantage immense, quelle que soit la voie.
Avec les années, Laura apprend surtout à rester elle-même. Moins chercher à correspondre aux attentes, plus de confiance en son travail et en ses choix : avancer avec authenticité plutôt qu’essayer de rentrer dans un moule.



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